Gilets jaunes ou réforme des retraites : les régions se rebellent

La fracture entre Paris et les régions n’est pas une donnée nouvelle. Les chroniques des temps anciens relatent déjà le mépris de la capitale pour les provinces d’alors, et l’incompréhension des habitants desdites provinces devant le mode de vie jugé superficiel des Parisiens et des Versaillais.

Fin 2018, ce sont bien sûr les régions qui sont montées au créneau pour se rebeller contre la hausse du prix du carburant, lançant le mouvement que l’on sait. Résultat : le pays au bord du chaos. C’est dire la puissance putative des régions, si elles veulent bien se bouger.

Je me souviens d’une image troublante vue en direct pendant une manifestation parisienne des Gilets jaunes. La police montée (à cheval donc), s’apprêtait à repousser un pan de la manif dans une avenue parisienne. Là, des Parisiens étaient attablés en terrasse, prenant leur petit café ou terminant leur déjeuner. Sur le trottoir : douceur et volupté. À un mètre de là, sur les pavés, la guerilla. Tout était résumé : la fracture entre ceux qui n’arrivent même plus à vivre et n’ont donc plus rien à perdre, et ceux qui bénéficient à fond de la mondialisation galopante.

Aujourd’hui, en pleine réforme des retraites, le schisme est de nouveau d’actualité. Les régions ne doivent pas oublier leur puissance.